Un dernier pays à deux!

June 6, 2019

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   Lorsque nous quittons Buenos Aires, nous sentons bien un tournant dans notre aventure: le mois passé à rouler à six nous a permis à tous deux de prendre du temps pour savoir ce qui nous importe finalement dans ce voyage, et la halte d’une dizaine de jours dans la capitale argentine fut l’occasion d’organiser notre nouveau départ, notamment en remettant à neuf nos montures, bien surmenées et indûment mal entretenues suite à nos nombreuses péripéties marines.

 

    Nous souhaitons traverser l’Argentine pour rejoindre les Andes chiliennes, et par souci d’originalité dans les paysages que nous traverserons, nous avons choisi de remonter légèrement vers l’état de Cordoba, pour repiquer vers celui de Mendoza, nous introduisant à nouveaux aux courbes de notre planète. En effet, mis à part un épisode particulièrement ardu au Brésil, nous n’avons plus été en contact avec de sérieux dénivelés depuis un certain temps !

 

    Le premier chapitre de notre aventure argentine est cependant des plus plats ! Pour rejoindre l’état de Cordoba, il nous faut traverser la Pampa Humida, immenses plaines cultivées des états de Buenos Aires et Santa Fe. Les routes semblent s’étendre à l’infini face à nous, et les immenses étendues vertes qui nous retiennent dans un axe visant l’Est se ressemblent toutes de jour en jour. Face à la culture agricole en masse, nous roulons tous les jours à nous perdre dans nos idées, et rêvons régulièrement de routes ondulées, vallonnées, et de paysages variés et vivants.


    Si les paysages ne nous offrent que de maigres distractions, ce sont chacun des petits villages que nous traversons qui illuminent inlassablement nos journées ! Bien que disséminés dans la Pampa, et finalement assez éloignés les uns des autres, ils semblent sortir tous du même moule, vivant autour d’une place centrale au nom du premier Français ou Italien ayant bâti les fondations de sa nouvelle vie, lors de son arrivée sur le nouveau monde - courtoisie de l’état argentin ! Les logiques de construction se ressemblent fort, et celle de pensée aussi : nous sommes royalement accueilli dans chacun des pueblos où nous nous arrêtons, et les habitants, employés de municipalités, policiers ou pompiers, ne cessent de nous inviter à dormir au chaud, le ventre plein d’un régime carnivore, unique option dans ce pays, à ce qu’il nous semble ! C’est aussi dans ces villages que nous ferons connaissance avec les télévisions locales, allant jusqu’à parfois trois interviews dans une même journée !
    
    Mais dès les premières côtes de l’état de Cordoba, notre joie a été intense à la sensation des muscles se tendant à nouveau sous l’effort, et ou à celle des efforts et de la vitesse qu’offrent les routes vallonnées. Avec les montagnes arrivent immanquablement des paysages bien plus variés ! Les arbres semblent à nouveau pousser librement, de grands lacs apparaissent, et le travail naturel de l’eau dans les vallées ou sur la roche se laisse doucement deviner alors que nous remontons légèrement vers le nord ! Nous reprenons l’habitude de dormir près de l’eau, et les nuits refroidissent soudainement, nous donnant ainsi un aperçu de l’hiver qui nous attend. Quelques jours de pluie rendent humide tout ce que nous portons ; le soleil reste bien peu visible lorsque nous arpentons nos premiers « cerros », de quoi nous changer des mois de soleil dont nous avons su tirer profit depuis notre départ !


    Le nord de Cordoba nous amène dans une vallée magique où les roches rappellent d’immenses géants figés et où l’on ressentirait presque la présence d’êtres féeriques dans une nature si envoûtante et mystérieuse. Nous quittons enfin la route pour nous y enfoncer et découvrons dans la vallée de San Marco Sierra un lieu éloigné de l’agitation de notre temps, ou l’on serait volontiers resté plus longtemps.

 

    En redescendant des hauteurs de Cordoba, nous retrouvons une route immense et droite ; elle nous guide vers Mendoza et la Cordillère, mais nous invite surtout à l’immensité sans vie du désert. Le temps prend une dimension tout à fait particulière et semble glisser sur cette étendue de sable et soleil. Lorsque le vent souffle, le monde s’envole, s’émiettant sous nos yeux. Nous étions bien familiarisés avec les champs et les monts, mais c’est une découverte tout à fait étonnante pour l’un comme pour l’autre, d’autant que nous partons pour la première fois avec plusieurs jours d’eau et de nourriture de réserve sur nos vélos.


    C’est durant ces longues journées à pédaler, qu’Anatole m’affirmera sa décision de prendre un chemin différent après la traversée des Andes. Nous savourons donc ces dernières semaines à rouler et à vivre à deux, et profitons du temps qui nous est offert pour imaginer la suite de nos aventures respectives.

 

    Les quelques jours que nous passons à Mendoza tombent ainsi comme un temps idéal pour nous reposer de nos longues journées de route, et préparer notre dernière aventure : l’arrivée au Chili par le « Paso de los Liberatores », un sommet à 3800m d’altitude, largement au-dessus de ce que nous avions pu atteindre auparavant !

    

 

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